L'activité récente : mesurer la rouille d'un combattant

Comment Sharp MMA pénalise l'inactivité d'un combattant UFC sur une fenêtre de 24 mois, ce que la rouille recouvre, et les cas où elle ne s'applique pas.

Mis à jour le

L’activité récente est la seule statistique temporelle du modèle. Elle mesure le temps écoulé depuis le dernier combat :

activité = max(0 ; 1 − mois_depuis_le_dernier_combat / 24)
Dernier combat Valeur
Il y a 1 mois 0,96
Il y a 6 mois 0,75
Il y a 12 mois 0,50
Il y a 18 mois 0,25
Il y a 24 mois ou plus 0,00
Date inconnue 0,50

La fenêtre de 24 mois correspond au seuil au-delà duquel un retour devient réellement problématique. Le plancher à 0 évite qu’un combattant absent depuis cinq ans obtienne une valeur négative qui le pénaliserait de façon disproportionnée.

Ce que la rouille recouvre vraiment

Le terme ring rust désigne plusieurs phénomènes distincts :

Le timing. C’est ce qui se dégrade en premier et le plus visiblement. La capacité à lire une feinte, à ajuster une distance, à réagir en un quart de seconde ne se travaille pas complètement en salle. Elle se perd vite et se retrouve lentement.

La gestion de l’adrénaline. Combattre devant une foule, sous les projecteurs, avec les enjeux d’un combat UFC, provoque une décharge que l’entraînement ne reproduit pas. Un combattant absent depuis deux ans doit réapprendre à la gérer.

L’accumulation de problèmes. Une longue absence a généralement une cause : blessure grave, suspension, litige contractuel, problèmes personnels. Le temps d’inactivité est donc aussi un indicateur indirect de quelque chose que les statistiques ne montrent pas.

Ce dernier point est peut-être le plus important. Une absence de 20 mois n’est presque jamais un choix de carrière.

Les cas où la pénalité ne s’applique pas

L’absence choisie

Un champion qui attend un adversaire ou négocie un contrat n’est pas dans le même état qu’un combattant qui revient d’une reconstruction de ligament croisé. Le modèle ne fait pas la différence — les deux ont la même date de dernier combat.

Le calendrier normal d’un main eventer

Un combattant de haut de carte combat typiquement deux fois par an, parfois moins. Une absence de 7-8 mois est pour lui un rythme normal, pas un signal d’alerte. Les combattants de prélims, eux, combattent trois à quatre fois par an.

Comparer l’activité d’un champion et celle d’un combattant de carte préliminaire compare donc deux calendriers différents, pas deux niveaux de forme.

La date inconnue

Une date manquante donne 0,50, valeur neutre. Ce n’est ni une pénalité ni un avantage, mais cela signifie que la statistique n’apporte aucune information pour ce combattant.

Pourquoi le coefficient est bas par défaut

Avec 0,05, c’est le coefficient le plus faible du modèle, à égalité avec l’âge. C’est délibéré : le signal est réel mais bruité, et ses causes sont trop hétérogènes pour qu’une simple durée les résume.

Il vaut mieux traiter un retour de longue absence avec un boost manuel, en tenant compte de la raison réelle de l’absence, que de laisser un coefficient élevé appliquer la même pénalité à un champion en négociation et à un combattant qui sort d’une opération du genou.

Quand monter ce coefficient

Montez-le quand l’un des combattants revient d’une absence de plus de 18 mois pour une raison que vous savez liée à une blessure, ou quand l’écart d’activité entre les deux est important.

Baissez-le, voire mettez-le à zéro, quand les deux combattants sont sur un rythme normal, ou quand vous connaissez la raison de l’absence et qu’elle est bénigne.

Coefficient par défaut : 0,05.

À lire ensuite

Mettre cette théorie en pratique

Réglez vos propres coefficients et confrontez vos probabilités aux cotes du marché sur le prochain event UFC.

Ouvrir Sharp MMA